Les Voyages de Gally

Ma vision sur tout et n'importe quoi, mes coups de coeur, mes envies, le tout vécu comme un voyage à travers le monde ^^

mardi 11 décembre 2007

Flowers for Algernon, Daniel Keyes

fleurs_pour_algernon

     Tout part d'une idée scientifique intéressante : rendre une souris plus intelligente. Hop un coup de bistouri dans le cerveau (ainsi qu'un peu de SF) et voilà qu'Algernon, jeune souris, devient très intelligente, au point de résoudre chaque problème labyrinthesque créé par des chercheurs. Et comme ça marche sur les souris, pourquoi pas sur les humains ? Mais quel humain serait prêt à subir une telle opération en ne sachant pas si cette intelligence 'tiendra' ?
    C'est là qu'entre en scène le héros de l'histoire, le narrateur des 'contes randu' que le livre va nous présenter, un arrièré nommé Charlie Gordon. Charlie est un gentil idiot de 32 ans travaillant dans une boulangerie comme homme à tout faire (de porter des paquets à nettoyer les toilettes) et qui a très envie de devenir 'un télijen' au point de tout faire pour devenir le cobaye des chercheurs.

    Les comptes rendus de Charlie sont au début très difficiles à suivre car bourrés de fautes d'orthographes, de ponctuation, de grammaire (il avait peut-être de l'avenir comme fansubber ;p). Mais après l'opération, petit à petit, des changements opèrent : les fautes disparaissent doucement pour laisser place à un texte plus construit, plus réfléchi (Charlie cherche dans le dictionnaire les mots, les significations), il commence à rèver, à penser, à découvrir le monde qui l'entoure. A prendre aussi conscience de ce monde bien intolérant. Car avec son augmentation de QI et les duels contre Algernon qu'il commence enfin à gagner, Charlie se rend compte de l'humiliation que les gens lui font subir – la 'chose' des scientifiques, le 'débile' des collègues (qui n'est plus si drôle une fois qu'il devient intelligent), le 'sous-homme' de la famille. Les souvenirs commencent à se bousculer, permettant à l'homme de se faire une idée de qui il est. Mais son intelligence ne s'arrête pas à la normalité, elle monte bien plus haut, jusqu'à dépasser celle des scientifiques l'entourant, et de tous les autres au passage. Charlie ne se lasse pas d'apprendre : les langues, les sciences, l'économie... Même si derrière ses discours intellectuels se cache toujours un jeune homme découvrant la vie, l'amour et le sens des choses. Il devient rapidement un 'génie arrogant' aux yeux de tous. Un génie qui va se poser des questions sur les recherches scientifiques dont il est l'objet au point de découvrir une faille. Tout ce qui monte doit forcément redescendre...

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    Des Fleurs pour Algernon est une magnifique histoire d'apprentissage, de tolérance, d'amitié. Charlie est un homme que l'on suit avec plaisir : gentil, innocent, il devient 'humain' sous nos yeux et se battra pour qu'on le considère toujours ainsi, que ce soit avant l'opération (non, il n'était pas 'rien' avant de subir l'opération) ou après (son QI de 185 ne fera pas de lui un cobaye toute sa vie). Son apprentissage de la vie est cruel, douloureux dans les souvenirs d'une famille qui l'a rejeté mais il est heureux. Heureux d'être enfin 'aware' ^^ Mais l'intelligence est-elle vraiment synonyme de bonheur ? Pourquoi Algernon devient cynglé dans sa cage ?

    Un roman à dévorer. Il est court (250 pages), original, plein de bonnes idées et très bien écrit. La fin est magnifique, bouleversante (préparez les kleenex). Rarement un livre m'aura à ce point touché.

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Pour Algernon

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jeudi 1 novembre 2007

Un auteur Prestigieux : Christopher Priest

priest    S'il y a bien auteur de SF que je conseillerais aux puristes autant qu'aux novices du genre, c'est bien Christopher Priest ! Une écriture simple et la fois subtile, il m'a grandement rappelé René Barjavel la première fois : un plaisir à lire, une lecture qui marque. Ayant apporté un grain d'originalité à la science fiction tout en réussissant à s'en éloigner pour se créer son propre genre, et malgré le peu de reconnaissance qu'il a – et ce, même s'il est encensé par toutes les critiques de la SF !  – l'écrivain britannique a gagné de nombreux prix littéraires pour ses oeuvres. Ses thèmes de prédilection sont les différentes perceptions de la réalité, les doubles et la gemmelité, les mondes alternatifs, le tout conduit par des narrateurs rarement très fiables !

"Toute fiction est métaphore. Rien n'y est réel. C'est pourquoi les romans de SF ne devraient pas avoir des glossaires de mots inventés, c'est pourquoi la fantasy ne devrait pas être publiée avec une carte indiquant où est ce foutu marécage. Les lecteurs semblent vouloir ces choses, mais les écrivains devraient résister à la tentation. L'abêtissement suit invariablement. Quand on essaie de rendre littéral ce qui est métaphorique, la métaphore meurt."

prestigeLe Prestige

    C'est le 1er livre de Priest que j'ai lu, mais je dois l'avouer, pas parce que je connaissais l'écrivain ! C'est le film de Christopher Nolan qui m'a fait connaître l'histoire hors du commun de ces deux magiciens, promis à un avenir glorieux, mais se vouant une rivalité sans égale. Déjà, si vous n'avez pas vu le film, c'est un énorme manque à votre culture cinématographique tant c'est un véritable bijou ! En plus, qui dirait non à Hugh Jackman et Christian Bale ?
    Après avoir vu le film, je me suis précipitée sur le livre (enfin bon, j'ai d'abord du finir le premier pavé tome de Jason Bourne). Grande satisfaction de voir que le film s'était un peu éloigné du livre, ça donne la bonne impression de ne pas voir deux fois la même chose. En sachant en plus que le film était excellent, je ne pouvait en attendre que du bon ! Petite synopsis (prise sur Amazon) :

Alfred Borden et Rupert Angier, deux prestidigitateurs hors du commun, s'affrontent dans un duel sans merci. Trois générations plus tard, au cours d'une enquête sur une secte, le journaliste Andrew Wesley fait la connaissance de Kate Angier. Elle lui révèle qu'il s'appelle en fait Andrew Borden et qu'une guerre oppose leurs deux familles depuis la fin du XXe siècle. Quand Andrew découvre le rôle exact joué par le scientifique Tesla dans toute cette affaire, sa vie en est bouleversée à jamais...

    Au lieu de ne tourner qu'autour des deux héros comme dans le film, le livre s'ouvre sur les générations suivantes et les retombées de cette guerre entre Borden et Angier. Ce sont les petits enfants qui vont découvrir les journaux intimes de leur grands parents et les partager avec le lecteur. En effet, ce roman se résume à la vision des évènements par Alfred Borden en première partie et celle de Rupert Angier en seconde, le tout entrecoupé par la vie actuelle de leurs petits enfants. Borden raconte sa vie à travers une écriture rapide et dynamique, ses premiers accrochages avec Angier, pourquoi ils ont eu lieu, et bien sûr, nous rentrons rapidement dans la spirale infernale 'oui, je le comprends'. Mais vient le second témoignage, celui d'Angier, à l'image de son auteur : précis, détaillé, carré. Et nous nous questionnons sans cesse. Chacun perçoit des choses différentes, chacun essaie de comprendre l'autre. Car avant tout, cette histoire est celle d'un duel basé sur la magie et spécialement sur un tour, le nouvel homme transporté, créé par Alfred Borden et qui attise la vive jalousie de son confrère, mettant tout en oeuvre pour lui voler les secrets de ce tour !

prestige2

    Tous les thèmes principaux de Priest sont réunis dans une oeuvre magistrale qui se dévore du début à la fin. Ca reste le livre de Priest que je préfère : l'univers de la magie, le Londres de l'ère Victorienne, deux hommes s'affrontant sans répit (et rarement à la loyale), les enfants et petits enfants victimes de cette tragique expérience... Le nouvel homme transporté et Tesla. Une histoire que l'on n'oublie pas de sitôt.

mondeinverti

Le Monde Inverti

Dès que j'ai terminé le Prestige, je me suis ruée au Virgin pour trouver d'autres romans de Priest. C'est Le Monde Inverti qui a gagné mes premières faveurs et je ne le regrette pas. Voici le 4e de couverture :

"J'avais atteint l'âge de mille kilomètres. De l'autre côté de la porte, les membres de la guilde des Topographes du Futur s'assemblaient pour la cérémonie qui ferait de moi un apprenti. Au-delà de l'impatience et de l'appréhension de l'instant, en quelques minutes allait se jouer ma vie."
Helward Mann est l'un des habitants de la cité Terre, une mégalopole progressant sur le sol inconnu d'une planète effrayante. Il ne sait rien de l'extérieur et doit maintenant jurer qu'il ne révélera jamais ce qu'il y découvrira. Mais le long des rails qui mènent à l'optimum, Helward découvrira un monde dominé par le chaos et la barbarie, des paysages déformés, éclairés par l'hyperbole du soleil.

    Derrière ce résumé étrange repose une oeuvre très profonde. Qu'est-ce que cette cité Terre ? Pourquoi est-elle régit par un système de guildes ? Pourquoi les membres de ces guildes doivent-ils jurer de ne rien dire sur ce qu'il se passe à l'extérieur aux autres membres de la cité ? Et surtout, pourquoi la cité doit-elle voyager indéfiniment vers l'optimum, point qui semble toujours s'éloigner d'elle ? Priest nous offre ici une lecture remarquable de science-fiction où l'on découvre au fur et à mesure avec notre narrateur Helward Mann le monde qui l'entoure et son histoire. Questions scientifiques, questions philosophiques, questions sociologiques, rien n'y échappe. La fin m'a laissé un peu perplexe après un développement aussi conséquent, mais fait son effet : Le Monde Inverti laisse une marque indélébile et on a très vite envie de le recommencer ! D'ailleurs, j'ai eu beaucoup de mal à 'en sortir' pour commencer un nouveau livre de Priest !

futur_interieurFutur Intérieur

    Voilà le dernier livre de Priest que je présenterai aujourd'hui ! Autant j'aime cet auteur, autant je n'ai pas envie de tout lire d'un coup (et bon, je voulais commencer les romans de Dexter ^^).

Ils sont trente-neuf à rêver un hypothétique avenir. Un futur idéal où notre civilisation prospère aurait laissé derrière elle les guerres, les inégalités, la surpopulation, le terrorisme et la pollution. Comment en arriverions-nous là ? C'est la question à laquelle doivent répondre les trente-neuf scientifiques du projet Wessex, dont on envoie l'esprit plusieurs centaines d'années en avant. Mais parmi eux, Julia Stretton a une tout autre définition du projet. Bien plus qu'une simulation, le Wessex futur est devenu pour elle une réalité tangible où tous ses fantasmes peuvent se réaliser... un paradis. Jusqu'au jour où Paul Mason, son ancien amant et persécuteur, devenu administrateur de la fondation qui finance le projet, décide de l'y suivre. Mais en Wessex, les identités changent au gré des caprices de l'inconscient. Comment alors lutter contre une menace dont on n'a pas même conscience ?

    Je dois l'avouer, je suis beaucoup moins rentrée dans ce roman : peut-être à cause de ce que je disais sur le Monde Inverti – difficile d'en sortir – mais aussi à cause d'une narration assez bizarre, plutôt complexe parfois (ça ne me dérange pas, sauf quand je ne comprends vraiment rien) et des personnages pas très passionnants. L'héroïne est chiante mais on se débrouille tant bien que mal pour la suivre... et finalement, je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné ! Derrière ces défauts se cache un roman intéressant avec quelques idées passionnantes. Où est la réalité, où est la fiction du Wessex ? Quelle est notre réalité ?

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lundi 29 octobre 2007

His Dark Materials

    C'est un monde pas si différent du nôtre. Une planète Terre identique à celle que nous connaissons et qui pourtant n'y ressemble pas... Sur cette planète, des hommes, des femmes, des enfants, des animaux... des ours en armure, le Magisterium, autorité religieuse gouvernant les hommes et les pensées de ce monde – je le disais, pas si différent –, des daemons, manifestations physiques de l'âme, et la Poussière.

    Voilà le monde où évolue Lyra Belacqua, l'héroïne de His Dark Materials, connu en France sous le nom d'A la Croisée des Mondes. Jeune sauvageonne élevée au Jordan College à Oxford, Lyra joue, explore, se bat et aime se balader sur les toits avec son ami Roger et surtout son daemon Pantalaimon. Une petite vie dont elle se régale jusqu'au jour où tout s'enchaîne : elle apprend l'existence par son oncle, Lord Asriel, d'une particule élémentaire bien mystérieuse : la Poussière. Celle-ci semble attirer l'attention de tous, le Magisterium en particulier. Puis apparaissent les Gobblers (désolée, j'ai lu en anglais, je ne sais pas comment ça a été traduit  ^^;), des gens kidnappant des enfants dans toute l'Angleterre pour on ne sait quelle raison si ce n'est qu'il y aurait un rapport avec la Poussière. Roger se fait enlever à son tour et Lyra décide de partir à son secours avec l'aide d'un cadeau très précieux offert par le directeur du college, un alethiomètre, sorte de boussole divinatoire capable de répondre à n'importe quelle question – si toutefois on peut en déchiffrer la signification. Sur son chemin se dresseront obstacles et rencontres : la divine Mrs Coulter, les courageux gitans, l'imposant Iorek Byrnison, l'impétueux Lee Scoresby et la puissante Serafina Pekkala. Ce long voyage menant vers le pôle nord apportera son lot de questions mais aussi de surprises et d'horreurs. Qu'est-ce qui peut rendre cette fameuse Poussière si importante et si dangereuse au point de déclencher les pires horreurs ?

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    Voici une brève synopsis du premier tome de la trilogie, The Golden Compass. Ayant commencé la saga sur les conseils de Frère, je ne l'ai plus quittée avant de l'avoir terminée. Ces livres sont vraiment époustouflants : Un conte pour enfants écrit avec simplicité sur un fond très adulte – la religion sous son aspect le plus ignoble, la guerre, la quête d'identité. Le premier volume est une mise en bouche à la suite de la saga. On nous y présente tous les protagonistes et les enjeux de l'histoire ainsi que tous les concepts que l'auteur a créés. Le deuxième tome, The Subtle Knife, nous présentera le deuxième grand protagoniste de l'histoire, le jeune Will Parry, qui se joindra à Lyra dans une quête qui leur échappe. Les concepts se bousculent, l'horreur continue, des personnages se dévoilent, d'autres restent dans l'ombre, une guerre commence. Le troisième roman, The Amber Spyglass, sera la conclusion des aventures de Lyra et Will, de la guerre en cours et apportera les dernières révélations qui changeront le monde à jamais. Moments difficiles à venir - et beaucoup de kleenex aussi.

    Du grand, du très grand, à ne rater sous aucun prétexte ! Bon en tout cas, tout mon entourage n'y échappe pas et est – ou a été dernièrement - dessus ! C'est bien ! En plus, une adaptation au cinéma va bientôt sortir !! Avec Nicole Kidman en Mrs Coulter et Daniel 'Aaaahouuuuuuuu' Craig en Lord Asriel, ça devrait être pas mal ! Enfin, à ceux qui ont apprécié la lecture, je ne saurais que trop conseiller d'aller visiter l'excellent site français Cittàgazze !

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    Bref, vous avez rien de mieux à lire ?

    Bon, l'année prochaine au solstice d'été, qui veut faire un petit pélerinage au jardin botanique d'Oxford avec moi ?

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dimanche 5 novembre 2006

Another Note - Prologue

    Voici un post qui ne sera dédié qu'à certaines personnes ^^ Voici la traduction du prologue de Another Note, faite plus ou moins rapidement, alors ne soyez pas trop sévères ! :p Vous verrez que le 1er paragraphe est un peu bizarre, voir incohérent, mais j'espère avoir des nouvelles de la traductrice américaine assez vite pour remedier à ça (je pense qu'elle aussi a fait ça très vite, mais bon, son projet de tout traduire est déjà assez audacieux ! Gambare Teriah !). Toute correction sera la bienvenue (orthographe, expressions, 'bestdresser', j'en passe et des meilleurs) ! Vanou, si tu passes par là et que tu n'en es toujours qu'aux premiers volumes de Death Note, passe ton chemin car sinon tu vas te spoiler à mort :p ! Enjoy ^^

 

Another Note, page 00 : How to use it

    Le troisième meurtre de Beyond Birthday était une expérience. Il avait tenté de retirer les organes internes de sa victime sans les abîmer, mais celle-ci était quand même morte d’hémorragie interne, comme il s’y attendait, et ce fut la fin de l’expérience. Il avait en plus pris grand soin d’empêcher sa victime de bouger en l’attachant, mais aussi en utilisant un médicament qui l’avait rendue inconsciente. Une fois qu’elle était bien immobile, il avait méticuleusement arraché la peau de son bras gauche au couteau. Laissant l’outil qu’il venait d’utiliser dans la plaie béante, il l’avait frappé plusieurs fois, mais cela n’avait finalement mené à rien d’autre que de graves hémorragies internes. Il était déçu de voir que son expérience était un échec. Même lorsque le bras avait perdu suffisamment de sang pour qu’il soit d’une couleur rouge violacée, la victime n’était pas morte. Elle avait eu une succession d’étranges convulsions qu’il aurait pu trouver parfaites dans d’autres conditions, mais qui cette fois-là l’avaient pris par surprise. Alors que le sang continuait de s’écouler du bras, la victime commença à perdre à la vie. Il s’y était attendu à cause de ses essais précédents, mais cette fois, il avait trouvé l’expérience… plus douce, d’une certaine manière. Naturellement, Beyond Birthday considérait qu’un tel meurtre avait peu d’importance, mais l’expérience elle-même, qu’elle fût un succès ou un échec, avait été extrêmement divertissante. Après cela, Beyond Birthday avait retiré le couteau du bras de sa victime avec prudence et… Bien, bien, bien, bien…

    De telles paroles ne seront plus dites, de telles histoires ne seront plus racontées, de telles notes aussi méticuleuses ne seront plus prises. Aucune phrase ne contient pas même un brin de raison, jusqu’à la dernière ligne. J’en ai marre de toute cette agitation inutile et désespérée (« chasse à l’oie sauvage »). Dévoiler toute l’affaire et la terminer est tout ce que je peux faire. Les farces folles de Beyond Birthday peuvent rappeler Holden Caulfield, et s’ils se ressemblent, alors suivre et interroger le train imprévisible de ses pensées n’est pas mon intention – Je me souviens que vu ma position dans le gouvernement à ce moment-là, je me suis forcé au-delà de mes propres capacités pour essayer de suivre ses délires. J’ai pris des notes minutieuses de cette vague de meurtres en série qu’il a commis, mais les réciter de cette manière n’en élèverait absolument pas leur valeur. Ce rapport n’est pas un roman. D’ailleurs, je n’aime pas le fait qu’il en ait pris la forme temporairement. Il n’y a aucune excuse à exprimer cette affaire avec des mots communs, stéréotypés, mais peut-être qu’en la portant aux yeux du public, je vais pouvoir prendre un nouveau départ.

    Le résultat de la confrontation entre L, le plus grand détective du siècle, et Kira, le tueur fou qu’il pourchassait, est que tout le monde est forcé de lire ces notes. Kira avait préparé la guillotine, comme on dit, pour répandre ses idées fantastiques à travers le monde, mais ce n’était que l’idéologie d’un fou. Il s’est proclamé dieu de son petit jeu mais ce n’était qu’un idiot qui perdait son temps à poursuivre des croyances infantiles. Ce dieu était un terroriste, rien d’autre – ou peut-être que son désir était d’être le dieu d’une société corrompue, remplie de fausses accusations et de trahisons. C’est probablement ça, la différence entre les shinigamis et les dieux eux-mêmes, cette intention néfaste, même si je ne compte pas réfléchir à cela trop souvent.

    Comment Kira pourrait être bon ?

    L sera toujours la personne la plus importante à mes yeux.

    L.

    L était trop doué pour mourir ainsi. Sa mort était irréaliste. Elle est aussi venue sacrément vite ! Il a résolu plus de 3500 cas complexes, et il y a trois fois plus de gens en prison aujourd’hui qu’il n’y en aurait s’il n’avait pas existé. C’était un détective privé et même s’il ne montrait jamais son visage, son influence seule était suffisamment grande pour inciter les organisations du monde à avancer ensemble. Je pense que seule une personne pouvant égaler une réputation si parfaite devrait hériter d’un tel titre. Je pense aussi savoir qui cette personne serait. Quelque chose est arrivé et je suis incapable de lui succéder. Au lieu de cela, je laisse derrière moi ce rapport dans son intégralité et laisse son véritable successeur prendre le titre.

    Cette légende de L est donc mon dernier témoignage, mon testament. C’est un message agonisant à l’attention du monde et qui ne m’appartient pas. Near, ce sale gamin arrogant, trouvera probablement ces notes avant que quiconque n’en ait la moindre chance. J’espère seulement qu’il ne les brûlera pas ou qu’il ne les détruira pas d’une autre manière quand il les découvrira. En fait, les détruire serait peut-être mieux. Il ne connaissait pas L comme je le connaissais et je ne veux pas détruire une quelconque image idéalisée qu’il pourrait avoir créé. Il y a une possibilité que ce rapport tombe dans les mains du démon Kira, mais ce n’est pas grave. C’est pour toi, espèce de meurtrier fou : tu as laissé cet abominable shinigami te porter sur son dos du début à la fin et tu n’as rien utilisé d’autre qu’un carnet insensé pour tuer, afin de ne pas te salir les mains avec le sang de tes victimes. Tu ne mérites pas d’embrasser les pieds de L, tu n’es rien d’autre qu’une saleté, si pourrie qu’il ne prendrait même pas la peine de souiller un tatami pour t’en recouvrir.

    Je suis l’une des rares personnes à avoir rencontré L en chair et en os. Il m’a raconté trois de ses succès quand on était ensemble, mais je n’ai pas l’intention de partager ces souvenirs avec vous. A la place, je vais vous raconter la deuxième histoire, une à laquelle je suis lié : l’histoire de Beyond Birthday. Je refuse de tourner autour du pot ; si je ne raconte pas l’histoire des meurtres en série de Beyond Birthday à Los Angeles dans son intégralité, comment peut-on en glaner de nouvelles informations ? J’ai été élevé à l’orphelinat Wammy et j’y suis resté jusqu’à l’âge de 15 ans. L non. Cela a eu une profonde influence quant à ma capacité à m’adapter comme il le faut aux différentes situations. Cela n’a pas d’importance s’il y a une dizaine de victimes ou plus dans cette affaire ou si cela coûterait des millions pour la résoudre. L, aidé de trois ou quatre autres personnes, a donné sa vie pour la justice et son sacrifice a été honorable. Plus de détails sur L viendront plus tard – peut-être qu’ils me concerneront aussi, et peut-être même Kira. Malgré tout, ce qui s’est passé dans cette ligne de partage des eaux et ce qui s’est passé pendant l’affaire des meurtres en série de BB à Los Angeles est monumental.

    Parce que…

    Parce que c’est la première fois que L s’est fait appeler Ryuuzaki.

    Je ne m’intéresse pas du tout aux détails de comment Beyond Birthday a commis ses crimes. De tels détails sordides seront alors supprimés. Au lieu de ça, je vais faire un retour en arrière et raconter l’histoire complète des ses premier et deuxième meurtres, puisqu’ils sont ce qui a attiré l’attention de L et l’ont incité à s’embarquer dans ce qui deviendrait la plus grande affaire de cette époque. Je ne suis qu’un tiers dans cette enquête. Ni Near, aussi arrogant qu’il soit, ni Kira, aussi fou qu’il soit, ne seront capables de dire que j’ai écrit ceci, à moins que je ne laisse ma signature en tant que narrateur, navigateur et conteur à la fin de ce préambule – même si inversement, pour tout le monde à part ces deux-là, l’anonymat pourrait être une bonne chose. Je suis l’opprimé du vieux monde, le ‘bestdresser’ de la mort inutile, Mihael Keehl. Je m’appelle Mello à présent et on m’identifie généralement par ce nom, mais c’est déjà une vieille histoire.

    Mes souvenirs sont clairs, mais ils sont remplis de cauchemars.

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mercredi 11 octobre 2006

Kino no Tabi - Livre 1, prologue

    Et l’obscurité régna.
    Il n’y avait aucune lumière. Pas de lune, pas d’étoiles. Il n’y avait que le bruit du vent caressant les arbres, transporté dans l’obscurité.

kino

-     Tu sais… C’est un peu comme si…Kino s’interrompit. Un silence contemplatif s’en suivit. Ou peut-être dormait-elle.
-      Un peu comme si quoi ? demanda Hermès.
-    Parfois, je me demande si je ne suis pas une horrible personne. Parfois, j’ai l’impression que je le suis. Parfois, c’est tout à fait évident que je le suis. Car je ne peux pas changer les choses. Ou même pire, je me dis intérieurement que je ne peux pas, alors je ne fais rien. Mais dès que je le ressens – ce sentiment d’être horrible je veux dire –, tout le reste – le monde, les gens que je rencontre – tout devient incroyablement beau à mes yeux. Je tombe amoureuse de tout. C’est pour ça que je continue de voyager : parce que je veux ressentir plus. Parce que parfois, je peux voir quelque chose de bon. Et peut-être même faire quelque chose de bon.
Kino fit une pause pour considérer une autre pensée.
-    Néanmoins, je sais que si je continue de voyager, je verrai toujours plus de tristesse, plus de tragédies – ressentir plus de tristesse, plus de tragédies.
-    Mais si tu le ressens, si tu sais que c’est tragique, comment peux-tu être une horrible personne ? Les gens horribles ne ressentent pas la souffrance des autres, non ?
-    Je ne sais pas. Je sais seulement que je ne vais pas arrêter de voyager pour ça. J’aime voyager, et même si je vois tant de morts – même si parfois je dois tuer – je veux continuer de voyager. Et…
-    Et ?
-    Je peux m’arrêter quand je veux, la voix de Kino était résolue. Alors je continue… Tu comprends ?
-    Franchement ? Pas vraiment.
-    Oh. Eh bien, ce n’est pas grave.
-    Tu es sûre ? Je veux dire, ça aide si on est du même avis sur les choses…
-   Comment puis-je m’attendre à ce que tu comprennes ça si moi-même je ne le comprends pas ? Et je ne le comprends pas. Pas vraiment. Je suis encore troublée Hermès. Et pour trouver une solution à ces troubles, je continue de voyager. Comme s’il y avait une route qui m’en éloignerait.
-    Ah…
-    Je vais dormir. Nous avons un long trajet à faire demain. Bonne nuit Hermès.
-    Bonne nuit Kino.
Le mouvement de son épaisse couverture fit un doux bruit, puis à nouveau, un silence total emplit l’obscurité.

Note de la traductrice :
Eh oui, j'aime tellement Kino que ça me dérangerait que les non-anglophones ne puissent pas en profiter ! Alors j'ai commencé à traduire le 1er roman de Kino no Tabi (en attendant mieux). C'est une traduction assez rapide (mais que j'espère efficace), alors ceux qui l'ont lu en anglais, ne venez pas m'embêter ! :p Ah oui, et puis si voulez diffuser cette traduction quelque part, demandez-le moi quand même please ^^ Je n'aime pas trop le vol ! les mots en gras sont les mots en italique dans le texte (j'ai mis les dialogues en italique déjà pour la présentation, alors j'ai choisi ce moyen pour l'insistance sur certains mots). J'en suis au 3/4 de la traduction du
Pays des Adultes, et puis ensuite on verra au fur et à mesure. Enjoy !

Note de la traductrice 2 :

C'est une précision sur la trad' elle-même : dans ce prologue, le sexe de Kino est indéterminé. Il n'y a aucun "she", seulement des "Kino". Et comme il n'y a pas d'accord avec les participes passés et le féminin en anglais, j'ai pris la liberté de quand même montrer que c'était une femme. Voilà, de toute façon, après l'avoir répété 20 fois hein ! ;)

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lundi 9 octobre 2006

Il est arrivé ^______^

    Il est vrai qu'en ce moment, ma "série" de prédilection est Death Note -- au passage, je suis ravie d'avoir pu la faire découvrir à mes lecteurs, qui ont l'air ravis pour la plupart de cette merveille ^^ --, néanmoins, je n'oublie pas mes classiques : si Death Note est devenu un de mes mangas cultes (au même rang que Gunnm, c'est pour dire), ma série animé japonaise culte restera certainement Kino no Tabi, la série qui a inspiré ce blog, la série qui touche tout ceux qui la voient. Si vous voulez un résumé de la série, je vous invite à aller voir le premier post de ce blog ! :)
    Et voilà, après des mois et des mois d'attente, le premier roman de Kino a été traduit en anglais ! Et je l'ai reçu aujourd'hui ! Merci Amazon ! ^^ Au programme : un prologue, le Pays des Adultes, le Pays de la Souffrance Partagée, le Pays de la Majorité Absolue (un moment grandiose dans la série), les 3 hommes sur les rails (une histoire que j'adore tant elle est vraie...), Le Pays de la Paix, le Colysée (les 2 épisodes les plus intenses) et enfin un épilogue. Le tout ponctué de belles illustrations en noir et blanc. J'espère que ça va être bien !! Je sens en tout cas que je vais le dévorer (208 pages ouin, c'est court !)... D'ailleurs... bye bye ^^
    Allez, dans mon infinie bonté, l'opening !

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mardi 3 octobre 2006

"I'm going to change the world"

    La raison première pour laquelle je voulais réécrire sur mon blog, c'était pour parler et faire découvrir mon coup de coeur absolu, un manga que j'ai fini hier et qui m'a limite fait comprendre que 80% des manga que je lis sont quand même bien bidons... Voici Death Note !

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"This world is Rotten. Rotten people should be killed off to cleanse this world."

    Ryuuku, un shinigami (un dieu de la mort), s'ennuie dans son monde et décide d'aller s'amuser dans le monde desb_102 humains en y laissant tomber sa "death note", le cahier de la mort où il est censé écrire le nom des personnes qu'il tue. En faisant cela, il laisse la propriété de son carnet au premier humain qui le trouvera et il espère bien s'amuser avec. La personne qui trouvera la Death Note se nomme Raito (prononcer Light) Yagami, un jeune homme de 17 ans extrêmement intelligent, brillant, et un rien idéaliste... Ryuuku le prévient vite, la Death Note est un objet maudit, mais Raito y voit le moyen de purger le monde des criminels et autres pourritures, un monde dans lequel il ne veut plus vivre, et décide d'utiliser la Death Note pour façonner un monde sans crime et sans guerre. L'utilisation du carnet est simple : il suffit de connaître le nom de la personne à tuer, avoir son image en tête, puis d'écrire le nom sur la Death Note. Si on ne met que le nom, la personne mourra d'une crise cardiaque dans les 40 secondes, mais si on y ajoute un petit scénar', il aura lieu inévitablement. Sympa non ?! Les morts de criminels vont vite se succéder et attirer les yeux de la planète sur un "dieu de la mort", Kira, surnom que Raito s'est donné pour faire comprendre son idée aux hommes : il veut purger le monde et le fera, alors tout le monde a intérêt de se tenir à carreau ! Cependant, son utopie ne repose finalement que sur une chose, la mort des pourris, et même si pour certains, Kira est un dieu, et que le taux de violence décroît à une vitesse fulgurante, pour d'autres, il n'est qu'un criminel dont on ne comprend pas les méthodes d'assassinat.

"This isn't divine judgement, it's the work of some childish killer who's playing at divine retribution, that's all."

02b    Même si Raito use parfaitement de son intelligence pour ne pas se faire remarquer dans son oeuvre, une personne va être appelée pour stopper cette vague de crimes. Simplement nommé 'L', cette personne est reconnue comme étant le meilleur détective de la planète. Le combat des chefs, ou plutôt des génies, va pouvoir commencer. Car L est fort, très fort... Il devine très vite que Kira opère du Japon, et met rapidement la police japonaise sur le cas, dont le commissaire est... le père de Raito ! Ca se complique pour notre héros qui ne compte pas s'arrêter pour autant, et dans toute sa mégalomanie, se décide à affronter L dans un jeu d'esprit titanesque. Et malgré tous ses coups plus intelligents les uns que les autres, L ne tarde pas à suspecter Raito... même si les "chances ne sont que de 3%" ! Vient alors toute l'intrigue du manga : Raito ne connaît pas le vrai nom de L (ni son visage au début) et ne peut donc pas tuer ce gêneur, et L n'a aucune preuve contre Raito et n'arrive pas vraiment à comprendre comment ce genre de crimes est possible tout en donnant de bonnes suppositions. Le jeu d'échec est en place et chacun va donc essayer de pousser l'autre à l'erreur, à dire une bêtise, à se torturer mentalement tout en étant gentils l'un envers l'autre, jusqu'à ce qu'il y ait un vainqueur.

"You can't ever win if you're always on the defensive, to win, you have to attack."

   12 volumes qui se dévorent avec un plaisir énorme, des personnages d'une grandeur et d'une profondeur rares, uneb_05b histoire avec des rebondissements à chaque chapitre... une merveille ! J'ai commencé à lire ce manga il y a quelques mois et je me rappelle avoir lu les 7 premiers volumes en une soirée (+ un peu de la nuit tant je ne pouvais pas lâcher l'affaire). On se dit au début "Comment l'auteur va faire pour faire durer une histoire pareille ? Il va faire traîner ça en longueur ?"  Que neni !  Et c'est impressionnant de voir comment il accroche les lecteurs avec ses protagonistes. Si j'ai répété "jeu" pendant que je résumais l'histoire, ce n'est pas pour rien. Oui, c'est comme un jeu, où le plus fort gagnera, et ça se savoure de la même manière : avec plaisir ! Si au début on reste dans la narration de Raito, on rentre vite aussi dans l'esprit de L, et ainsi le lecteur a accès aux deux systèmes de pensées, aux deux intelligences surprenantes, aux deux tacticiens hors normes. Les confrontations sont exquises et se dégustent à la petit cuillère (comme la bonne glace du Hard Rock Café lol :p). Et il y aura forcément des déceptions, peu importe le camp que l'on choisit (j'avoue avoir failli arrêter après le volume 7 à cause de... mais bon, finalement hier soir, je me suis décidée et ai fini les derniers volumes, avec un plaisir encore plus grand au final). Oui, la fin est réussie, même si en même temps, elle déçoit, car forcément, il faut un vainqueur. Alors, prêt à tenter l'expérience ? Le manga n'existe hélas pas en France, ce qui est vraiment hallucinant... Mais les scans se trouvent plutôt facilement, et en français ! Alors si vous aimez les enquêtes bien ardues, des héros jamais prêts à abandonner et surtout une brillante mise en scène, lisez !! Ce n'est vraiment pas un manga comme les autres !
      Ah oui, d'ailleurs pour les fans d'anime, la version animée va commencer aujourd'hui. ! J'espère aussi que le film sera vite 'disponible'... :)

Posté par Gallynette à 19:23 - Voyages littéraires - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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